Collection : Les essentiels

Territoires résilients,
agir maintenant pour transformer demain

À quelles crises se préparer ?
,
Concrètement comment faire ?
,
Par où commencer ?
Le contexte

Pourquoi est-il urgent
de faire autrement ?

%
Proportion des départements métropolitains concernés par des restrictions d’eau « niveau crise » en septembre 2022. MTES, données initiales "92 départements sont concernés par une restriction au-delà de la vigilance sur au moins une partie du territoire dont 67 en crise au 29/09/2022".

Des perturbations plus extrêmes, plus intenses et entremêlées

Raréfaction des ressources, dérèglement climatique, crises géopolitiques, inégalités, pénuries... tous les territoires évoluent dans un contexte complexe et incertain. Les élus locaux, contraints à l’action, se retrouvent en première ligne.

Depuis 2020, la France connaît une succession de crises majeures : alors que le changement climatique monte en intensité (records de chaleurs, feux de forêt, sécheresses historiques...), la crise sanitaire, les tensions sur l’énergie ou encore l’inflation viennent accentuer les difficultés sur le quotidien des territoires.

À cela vient s’ajouter le dépassement des limites planétaires

qui bouleverse les équilibres vitaux de la planète. Ces phénomènes globaux se manifestent par des impacts très concrets, sur tous les territoires, sous la forme de crises aiguës (rupture d’infrastructures, fermetures d’entreprise...), de tensions sur les ressources et les productions (rendements agricoles, contraintes énergétiques...) et d’aggravation des inégalités sociales. Le cumul et l’intensité de ces impacts sont tels qu’ils remettent en cause des acquis que l’on pensait immuables comme l’accès à l’eau, une alimentation de base bon marché, une énergie abondante, une mobilité illimitée et toujours plus rapide...

Aujourd’hui, il n’est donc plus réaliste de considérer ces événements comme des chocs hors du commun,

appelant des réponses exceptionnelles. Il apparaît au contraire essentiel de les envisager comme résultants d’un développement déconnecté de son environnement physique qui atteint ses limites. Par exemple : une urbanisation et une artificialisation des sols mal maîtrisées, une surconsommation de ressources naturelles, des rejets massifs de matières polluantes dans les milieux...

Dans ce contexte,

il est attendu des élus une action à la hauteur des enjeux pour évoluer vers la résilience. Il s’agit non seulement d’assurer l’accès aux besoins essentiels, mais aussi de renouer avec un projet de territoire « réaliste et désirable » qui dépasse la durée d’un mandat politique. Non pas en développant uniquement des capacités d’adaptation aux crises et aux chocs, mais bien en engageant une transformation profonde et radicale qui permette d’en anticiper la survenue et d’en limiter les effets.

Les enjeux

Comment ne pas se résigner et changer en profondeur ?

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Estimation de l’augmentation du coût des dommages liés aux événements climatiques au cours de la décennie 2050 pour les transports de biens et de personnes (par rapport à la décennie 2010). Source : Agence Européenne pour l’Environnement.

Choisir la transformation pour faire face

Une autre voie est possible pour anticiper, s’adapter et se transformer. Elle est forcément collective ! Les territoires soumis aux crises à répétition doivent impliquer les acteurs locaux pour construire leur trajectoire de résilience.

Face à la répétition des crises, leurs effets «cascade» et leurs caractères anxiogènes, il n’est pas évident de savoir comment se préparer et par où commencer. Dépasser la seule réaction à l’urgence impose des changements qu’il convient d’accompagner. Cette nécessaire transition sera facilitée si l’on accepte de considérer que demain ne sera plus comme avant.

Décider dès maintenant de se transformer,

c’est ouvrir l’éventail des possibilités à mettre en oeuvre pour améliorer, dans la durée, le bien-être de tous. Un sursaut de l’action est aujourd’hui déterminant pour réduire la gravité des impacts à moyen et long terme. Refuser la résignation, c’est engager une dynamique collective et inclusive pour choisir la trajectoire vers un futur viable, vivable et équitable.

L’engagement dans une démarche de résilience

permet de faire converger ces défis et de fédérer les élus, professionnels et citoyens autour d’objectifs constructifs, sécurisants, pérennes et qui bénéficieront à tous.

Et parce que les vulnérabilités sociales,

les fragilités économiques et la fatigue des acteurs se démultiplient sous l’effet des crises successives, la résilience permet aussi d’allier justice sociale, impératifs environnementaux et soutien à l’économie locale.

Les solutions fondées sur la nature vont,

par exemple, non seulement favoriser la biodiversité, mais aussi contribuer à la gestion des eaux pluviales, lutter contre les îlots de chaleur urbains, inciter aux mobilités actives et améliorer la santé et le cadre de vie des habitants.

Comprendre les perturbations et leurs effets

pour ne plus subir constitue alors le premier pas pour limiter les dommages socio-économiques, maintenir la continuité de services et préserver les fonctionnalités du territoire tout en engageant l’action au plus tôt. Chaque action pensée de manière transversale, et non plus seulement sectorielle, facilite la mutualisation, l’optimisation et renforce les co-bénéfices rendus. D’autres opportunités de financement peuvent alors se présenter pour faciliter leur mise en oeuvre.

Votre stratégie

Comment concrétiser la résilience de votre territoire ?

investi dès maintenant permet d’économiser 7 € en cas de crise. Source : Banque mondiale.

Dépasser la prise de conscience et planifier l’action

Savoir mobiliser plus largement, accepter de changer de logique et donc de méthode, se projeter dans une action immédiate pensée pour demain, être en mesure de réorienter les décisions si nécessaire… sont les principes d’une démarche de résilience.



1

Se lancer

/Entamer une démarche de résilience peut se faire à toute échelle de temps et d’espace, pour tout projet : un document de planification, une opération d’aménagement, une reconstruction post-crise, la définition d’un projet de territoire... offrent autant d’opportunités pour bifurquer.

2

Mobiliser les connaissances du territoire

/Pour concrétiser une approche systémique, il est important de comprendre et de partager ce qu’impliquent localement les enjeux globaux : impacts du changement climatique, risques naturels, dépendances alimentaire, énergétique...

/Souvent, de nombreux diagnostics sectoriels existent déjà, et la connaissance des acteurs de terrain et de la population apporte des éléments à articuler et relier sur lesquels s’appuyer.


3

Réinventer l’existant

/Concrétiser la résilience passe par un changement de posture des acteurs, qui requestionnent les projets, financements, aménagements en cohérence avec les différents enjeux : sobriété, besoins essentiels, changement climatique… Amorcer la résilience du territoire commence souvent par un courage politique : celui d’arrêter ou de réorienter les projets qui augmentent la vulnérabilité du territoire ou qui le fragilisent. L’enjeu est de créer de nouvelles synergies et coopérations et de s’autoriser à imaginer faire autrement. C’est la démarche initiée par la vallée de la Roya (06), qui a mené à l’établissement de sept critères de résilience conditionnant les projets de reconstruction nécessaire dans l’urgence et à venir.

4

S’inspirer des démarches existantes : retours d’expériences de la boussole de la résilience

/S’enrichir des expériences sur d’autres territoires facilite le passage à l’action et permet de ne pas se sentir seuls face à ces défis. Depuis 2020, la boussole de la résilience peut être mobilisée à différentes étapes d’une démarche de résilience et a déjà été éprouvée par de nombreux acteurs et territoires.

La boussole de la résilience

Un cadre de réflexion et d’action pour agir autrement

Mieux comprendre ce que la résilience du territoire implique et identifier les pratiques existantes
La boussole décline six principes pour mieux comprendre les implications concrètes sur le territoire (système d’alerte, gouvernance, connaissance des vulnérabilités…) et esquisser une vision à l’échelle du territoire ou par thématique.

Renforcer et mettre en oeuvre des solutions impliquant tous les leviers
Elle permet d’imaginer des actions évitant la « mal-adaptation ». Elle esquisse les réponses à une menace ou à une vulnérabilité du territoire de façon systémique : gouvernance, anticipation, adaptation, sobriété, robustesse…

Suivre et piloter les actions envisagées de manière transversale
Elle aide à construire une vision désectorialisée des politiques et stratégies de la ville ou du territoire. Elle sert les synergies entre acteurs, stratégies existantes, moyens.

Découvrir le guide de « La boussole de la résilience »


La boîte à outils pour fédérer les acteurs à chaque étape

Nombre de participants aux ateliers La Fresque du Climat en trois ans.

Pour mobiliser les acteurs du territoire dans la démarche de résilience, il est essentiel de les identifier le plus en amont possible. Elaborée au démarrage, la cartographie permet de lister les parties prenantes, de qualifier leurs pouvoirs et intérêts dans la démarche, d’anticiper leurs relations.
Cette représentation permet de pointer les acteurs dont les rôles et interventions seront clés pour renforcer la résilience et de les intégrer aux travaux de la façon la plus pertinente.

La connaissance des perturbations, des risques et de leurs effets pour le territoire est un prérequis afin de pouvoir engager l’action. La conférence inversée permet aux participants de partager collectivement leur niveau de connaissance et leur perception des enjeux globaux et locaux, de se placer dans une posture « active » pour incarner ce qu’est la résilience pour chacun. Les propos sont ensuite complétés par les experts animateurs pour apporter un niveau de formation homogène.

La compréhension des interactions, interdépendances et liens de cause à effet à l’oeuvre sur le territoire lors des perturbations doit être construite et partagée par les acteurs du territoire.
L’utilisation d’outils pédagogiques (type jeu de cartes « portrait de territoire ») ou de cartographie schématique (type carte mentale) facilite la visualisation de ces liens et interactions, et par conséquent l’anticipation des effets cascades.

Cet exercice de simulation élaboré en atelier collectif permet d’imaginer le pire de la crise, ses enchaînements défectueux et ses éléments d’échec. Successivement et en réponse au scénario noir, le scénario rose facilite l’identification des actions souhaitables, clés de réussite de la résilience pour le territoire.

Commune des Eaux-Bonnes (64) : Projet Européen MontClima


Ces différents outils ont été mobilisés pour accompagner la commune d’Eaux-Bonnes dans une démarche de résilience territoriale face aux risques naturels en montagne. Le jeu de cartes pédagogiques « Portrait de territoire » et sa représentation systémique ont permis de partager l’état des connaissances locales. Puis, à partir de retours d’expériences éclairants, un atelier d’idéation a permis d’établir un plan d’actions hiérarchisé et soutenable.

A propos du Cerema
Qui sommes-nous ?

Le Cerema est un centre public de ressources et d’expertises scientifiques et techniques interdisciplinaire. Exerçant son activité au plan national et territorial, il accompagne les collectivités dans la réalisation de leur projets, notamment sur les champs de l’aménagement, l'urbanisme, la mobilité, les transports, l'énergie, le climat, l’environnement et la prévention des risques.

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Cerema Territoires et Villes
Résilience et adaptation au changement climatique

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